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Zapier vs Make : la migration pas à pas en 2026

Migrer de Zapier à Make en 2026 : audit préalable, mapping des Zaps, recréation des scénarios, gestion des credentials, plan de rollback. Le guide complet.

EA

Etienne Aubry

Développeur & Expert Automatisation IA

· · 10 min de lecture · 1840 mots
Bureau d'analyste comparant deux interfaces d'outils d'automatisation pour migration
Bureau d'analyste comparant deux interfaces d'outils d'automatisation pour migration

Tu utilises Zapier depuis 2-3 ans, ta facture mensuelle a doublé sans que ton usage n’explose, et tu te rends compte que les scénarios un peu complexes (boucles, conditions multi-niveaux, iterators) tournent mal ou pas du tout. Migrer vers Make est probablement la décision la plus rentable que tu puisses prendre cette année — économie de 50-70 % sur la facture mensuelle, capacités logiques 10x supérieures, et une UX qui change vraiment la vie.

Mais migrer mal, c’est casser tes process critiques. J’ai accompagné une trentaine de migrations Zapier → Make depuis 2022. Voici la méthode pas à pas, sans baratin, avec les pièges concrets et comment les éviter.

Pourquoi migrer (et pourquoi ce n’est pas obligatoire)

Avant la mécanique, posons le pourquoi. Make présente trois avantages structurels sur Zapier :

  • Pricing à l’opération, pas à la tâche — chez Zapier, chaque “step” consomme une tâche, donc un Zap de 8 étapes consomme 8 tâches par exécution. Chez Make, c’est 8 opérations aussi, mais le coût unitaire est ~3x inférieur sur les plans équivalents.
  • Capacités logiques natives — Iterator (boucle sur un tableau), Aggregator (consolidation), Router (branchement conditionnel multi-route), gestion d’erreurs (commit/rollback) sont natifs. Chez Zapier il faut ruser ou pas possible.
  • UX visuelle en éclatement — tu vois les modules connectés en arbre, pas en liste linéaire. C’est 10x plus pédagogique pour debug et expliquer à un client.

Quand ne pas migrer ? Si tu as 5 Zaps simples qui marchent et que ta facture est à 19 €/mois, oublie, ça ne vaut pas le temps investi. La migration commence à devenir rentable à partir de 50-100 € de Zapier par mois ou de 5+ Zaps complexes.

Pour une analyse chiffrée détaillée, lis aussi notre article Quitter Zapier : combien on économise vraiment ?.

Étape 1 — L’inventaire Zapier (à ne PAS bâcler)

Avant de toucher à Make, fais l’inventaire de l’existant. Sur Zapier, va dans Zaps > All Zaps et exporte (ou copie) :

  • Nom du Zap
  • Statut (actif / désactivé)
  • Trigger (app + événement)
  • Actions (apps + opérations dans l’ordre)
  • Filtres et Paths existants
  • Fréquence d’exécution mensuelle (vue depuis l’onglet History)
  • Owner (qui l’a créé, qui le maintient)
  • Criticité business (1=nice to have, 5=ça coule la boîte si ça plante)

Sur 30 migrations, je vois en moyenne 40 % de Zaps qui peuvent être retirés sans impact business. Soit ils n’ont jamais vraiment servi, soit ils dupliquent un autre Zap, soit le besoin a évolué. La migration est la meilleure occasion pour faire le ménage.

À l’issue de cet inventaire, classe les Zaps en 4 groupes :

  1. À supprimer — pas migré, pas remplacé
  2. À simplifier — migré mais avec moins de steps
  3. À migrer tel quel — recréation 1:1 sur Make
  4. À refondre — migration ET amélioration profonde

Étape 2 — Préparer l’environnement Make

Crée un compte Make et choisis le plan adapté à ton volume futur (qui sera typiquement 30-50 % plus élevé que ton volume Zapier actuel parce que tu vas vouloir en faire plus une fois que tu auras goûté).

Configure dès le départ :

  • Organisation et teams — sépare prod/dev/staging si pertinent
  • Notifications d’erreur — email + Slack sur tous les scénarios
  • 2FA obligatoire pour tous les users
  • Webhooks de test — pour les triggers de test pendant la migration

Important : si tu as des clients externes connectés à tes Zaps via webhooks, NE PAS supprimer les webhooks Zapier avant que les webhooks Make ne soient en place ET testés. Sinon tu casses leurs intégrations.

Étape 3 — Mapper les concepts Zapier → Make

Les vocabulaires diffèrent. Voici la table de correspondance que je donne à mes clients :

ZapierMake
ZapScenario
TriggerModule Trigger (premier module)
ActionModule
FilterFilter (sur le lien entre 2 modules)
PathsRouter
FormatterTools > Text parser, Math, etc.
Code by ZapierTools > Run JavaScript
Looping by ZapierIterator
Storage by ZapierData Stores
Webhooks by ZapierWebhook module
Schedule by ZapierScheduler

Et conceptuellement :

  • Zapier exécute step par step, top-down. Make exécute module par module, mais avec une notion de bundles (paquets de données traités en parallèle ou séquentiellement). C’est plus puissant mais demande un peu de temps de prise en main.
  • Make stocke l’état entre modules via les bundles — pas besoin de “Storage by Zapier” pour passer des valeurs.
  • Make gère le retry et l’incomplete execution nativement — un module qui échoue peut être relancé après correction sans repartir de zéro.

Étape 4 — Migration scénario par scénario

Ne migre pas tout en parallèle. Procède dans l’ordre de criticité inverse (commence par les moins critiques) pour apprendre Make sans risquer la prod.

Pattern de migration recommandé

Pour chaque Zap à migrer :

  1. Recrée le scénario sur Make, en miroir exact dans un premier temps
  2. Active le scénario en mode “Run once” pour tester avec une vraie donnée
  3. Compare les outputs avec ceux du Zap original (mêmes lignes en DB, mêmes emails envoyés, etc.)
  4. Laisse les deux tourner en parallèle pendant 3-7 jours (mais avec un mécanisme de dédup pour ne pas créer deux fois la même action côté CRM ou autre)
  5. Une fois confiance acquise, désactive le Zap, garde le scénario Make seul

Le point 4 est crucial et oublié par 80 % des gens. Si tu coupes Zapier le lundi et que Make a un bug le mardi, tu as 24 h sans automatisation et tu cours après le retard.

Cas particuliers à gérer

  • Triggers polling — sur Zapier, certains triggers checkent toutes les 5-15 min. Sur Make, configure le scheduler en fonction de ta tolérance latence vs consommation d’opérations.
  • Webhooks entrants — sur Make, la nouvelle URL sera différente. Coordonne la bascule avec le système amont (Stripe, Calendly, etc.).
  • OAuth credentials — tu vas devoir refaire le flow d’auth pour chaque service connecté. Prévois 1-2 h dédiées pour ça.
  • Custom code — du code Python Zapier ne se migre pas directement. Sur Make, c’est du JavaScript (V8). Adapte la syntaxe.

Étape 5 — Gérer les Zaps complexes (Paths, Filters, Sub-zaps)

C’est là que la migration devient un projet en soi. Quelques patterns :

Zap avec Paths (multi-branches)

Sur Zapier, “Paths” sépare en plusieurs chemins selon des conditions. Sur Make, c’est un Router qui fait exactement la même chose visuellement, en mieux : tu vois toutes les branches simultanément à l’écran.

Zap avec Filter qui stoppe l’exécution

Sur Zapier : “Filter Only Continues If…”. Sur Make : tu mets un Filter sur le lien entre deux modules. Si le filter n’est pas satisfait, la branche s’arrête. Logique équivalente.

Sub-zaps (Zap qui appelle un autre Zap)

Sur Zapier, on chaîne avec webhooks ou en faisant des “child Zaps”. Sur Make, tu as deux options :

  • Webhook interne — un scénario expose un webhook, un autre l’appelle. Découplé, facile à débugger.
  • Make Bridge (récent, 2025) — appel direct de scénario à scénario, avec retour de bundles.

Storage et accumulation entre exécutions

Si tu utilises Storage by Zapier pour accumuler des valeurs entre runs (compteurs, listes, dernière exécution), passe sur les Data Stores Make — système de clé/valeur persistant entre exécutions, accessible depuis tous les scénarios.

Étape 6 — Tester en charge avant bascule finale

Avant de couper Zapier, lance des tests de charge sur Make :

  • Envoie 100 webhooks simultanés et vérifie que tout passe (pas de timeout, pas de doublons)
  • Simule un échec d’API externe et vérifie que la gestion d’erreurs fonctionne (retry, fallback, alerte)
  • Vérifie que la consommation d’opérations est conforme à ton estimation (sinon tu vas exploser ton plan)

C’est aussi le moment de configurer les alertes Make :

  • Email + Slack si un scénario échoue 3 fois consécutivement
  • Email d’alerte à 80 % de la consommation mensuelle d’opérations
  • Logs centralisés (Make → Datadog ou Loki) si tu veux du monitoring pro

Étape 7 — La bascule finale

Une fois tous les scénarios migrés ET testés en parallèle pendant au moins une semaine, tu désactives les Zaps un par un. Pas tous en même temps. Ordre recommandé :

  1. Désactive les Zaps non critiques d’abord (jour J)
  2. 48 h plus tard, désactive les semi-critiques
  3. 72 h plus tard, les critiques

Garde Zapier actif (avec les Zaps désactivés) pendant 30 jours minimum. Si rien ne casse, tu peux résilier le plan ou descendre au tier inférieur.

Pièges classiques que je vois en consulting

  1. Sous-estimer le temps de migration — compte 1-2 h par Zap simple, 4-8 h par Zap complexe
  2. Oublier les credentials côté providers — tu vas devoir reauthorizer Google, Slack, etc. Anticipe avec les admins concernés
  3. Pas de plan de rollback — si Make plante 48 h après la bascule, comment tu réactives Zapier rapidement ? Réponse : tu gardes les Zaps désactivés, donc réactivation = 1 clic
  4. Migrer pendant une période critique — JAMAIS de migration le 1er du mois (facturation), pendant un lancement produit, ou les soldes pour un e-commerce
  5. Communiquer à minima — préviens les équipes qui dépendent des automatisations qu’il y a une migration en cours, qu’elles peuvent voir des incidents temporaires, et qu’elles doivent te signaler tout truc anormal

Coût et durée d’une migration type

Selon le nombre et la complexité des Zaps :

Zaps existantsDurée estiméeCoût accompagnement
1-10 Zaps simples1-2 semaines1 500 - 3 000 €
10-30 Zaps mixtes3-5 semaines4 000 - 8 000 €
30+ Zaps avec custom code6-12 semaines10 000 € +

Sur les ROIs constatés : économie Zapier en moyenne 2 500 €/an pour une migration moyenne, plus des gains de productivité sur 5-15 h/mois grâce aux capacités natives de Make. La migration s’amortit en 6-12 mois max.

Conclusion

Migrer de Zapier à Make est un projet structurant mais qui se planifie. Avec un bon inventaire, une migration progressive scénario par scénario, un parallèle de validation et un rollback prêt, tu transformes Zapier en investissement à fonds perdus en un avantage compétitif Make qui se voit chaque mois sur la facture.

Si tu veux qu’on prenne en charge la migration de bout en bout, on propose un package architecture complète qui inclut l’audit Zapier, le mapping, la recréation Make et la formation de tes équipes. Réserve un échange initial pour qu’on chiffre ton cas particulier — on saura te dire en 30 min si tu es plutôt à 4 000 € ou à 12 000 € d’investissement, et le ROI attendu.

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